Le temps à hauteur humaine
Là où le temps
respire
Il y a des disques qui donnent l’impression de ralentir la pièce autour d’eux. Who’s Keeping Time? appartient à cette famille-là.
Alela Diane y retrouve cette folk ample et naturelle qui a toujours été la sienne, mais avec quelque chose de plus apaisé, plus domestique presque, comme si les chansons avaient été laissées ouvertes aux bruits du monde.
Le disque a été enregistré dans le grenier de sa maison à Portland, au milieu des instruments, des vieux objets, des tapis, des photographies et de la lumière qui passait par les lucarnes. Les musiciens jouent ensemble, sans clic, sans chercher la perfection. Cela s’entend immédiatement : tout respire.
California ouvre l’album avec beaucoup de douceur, puis Galloping et In My Own Time installent cette idée qui traverse tout le disque : laisser les choses venir à leur rythme. La voix d’Alela Diane ne force jamais. Elle accompagne.
Dusty Roses et Spring Is A Fine Time prolongent ce sentiment de simplicité lumineuse, tandis que Wide Open Spaces ouvre encore davantage le paysage. Guitares acoustiques, piano, clarinette, violon ou lap steel apparaissent sans jamais alourdir les chansons.
Mais derrière cette douceur, le disque parle surtout du temps qui passe, des saisons, de ce qu’on garde et de ce qui nous échappe. Le titre lui-même pose la question sans chercher vraiment à y répondre.
Fragile As A Flame et Endless Waltz referment l’album avec une émotion très simple. Rien de spectaculaire, juste cette impression de voir les choses bouger lentement autour de soi et d’accepter qu’elles ne resteront pas tout à fait les mêmes.
Alela Diane ne cherche pas ici à réinventer sa musique. Elle lui laisse simplement davantage d’air. Et c’est largement suffisant.
Le temps ne s’arrête jamais. Parfois, une chanson nous permet seulement de l’entendre passer.

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