Black Mountain devant un mur bleu, portrait du groupe à l’époque de In The Future.Black Mountain, époque In The Future

Coup de cœur 2008

Black Mountain
In The Future

Le deuxième album de Black Mountain : une échappée psychédélique, progressive et magnétique, où le riff se mêle au vertige.

2008Jagjaguwar
RockPsychedelicLire la chronique

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In The Future

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Le grand écart

Une montagne
dans le brouillard

In The Future est l’un de ces albums qui prennent leur temps pour imposer leur monde. Dès Stormy High, Black Mountain installe une matière sonore à la fois dense et ample, comme si le hard rock des années 1970, la psychédélie et une certaine mélancolie folk avaient décidé d’avancer ensemble. Rien n’y semble pressé, et c’est précisément ce qui donne au disque son pouvoir.

Paru en janvier 2008, ce deuxième album du groupe canadien agrandit encore le territoire ouvert par le premier disque. Les chansons courtes, comme Angels ou Stay Free, voisinent avec des pièces plus vastes, jusqu’à Bright Lights, final de plus de seize minutes qui résume à lui seul l’ambition du projet : construire une musique de dérive, de montée et de transe, sans jamais perdre le sens de la chanson.

Ce qui frappe surtout, c’est l’équilibre. In The Future aime les riffs lourds, les orgues embrumés, les guitares qui tournent en spirale, mais il ne s’enferme jamais dans la simple démonstration rétro. Il y a ici une façon très vivante d’habiter les vieux codes du rock psychédélique, avec assez de souffle pour regarder aussi vers le space rock, le prog et une forme de folk lunaire.

Black MountainIn The Future, un voyage psychédélique et progressif porté par le souffle du groupe canadien.

Le groupe vient de Vancouver et s’est formé autour de Stephen McBean, déjà actif avec Pink Mountaintops, rejoint notamment par Amber Webber, Jeremy Schmidt, Matt Camirand et Joshua Wells. Dès ses débuts, Black Mountain a cherché un point d’équilibre entre la rugosité du rock de garage et l’ouverture d’un imaginaire beaucoup plus vaste. In The Future marque le moment où cette intuition devient pleinement maîtrisée.

Enregistré entre Vancouver et Los Angeles, principalement produit par le groupe lui-même, l’album sonne comme une œuvre patiemment sculptée. Chaque titre trouve sa place, du magnétisme de Wucan à la tension de Tyrants, jusqu’à ce sentiment d’horizon qui traverse l’ensemble du disque.

Nommé au Polaris Music Prize en 2008, In The Future reste aujourd’hui l’un des grands albums heavy-psych des années 2000. Il regarde vers le passé sans jamais s’y figer. Sous ses épaisseurs de son et ses brumes électriques, il avance comme une promesse : celle d’un rock encore capable d’ouvrir des paysages entiers.

« In The Future ne rejoue pas le passé : il s’en sert comme d’un carburant pour voir plus loin. »

D’une oreille à l’autre

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