Hardkandy devant un décor psychédélique de ciel bleu, d’arc-en-ciel et de vinyle monumental.Hardkandy, How Do You Do Nothing?

Coup de cœur

Hardkandy
How Do You Do Nothing?

Une heure de chaleur, de soul et de lenteur heureuse, pour laisser le temps passer sans chercher à le retenir.

2002
Electro SoulLire la chronique

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How Do You Do Nothing?

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Coup de cœur

La fin de l’été
n’est jamais très loin

Il suffit de quelques secondes de Summer of ’95 pour que le disque installe son climat.

Une batterie souple, des claviers chauds, une voix posée au milieu de tout ça. La musique de Hardkandy semble avancer sans effort, avec cette lenteur particulière des fins d’après-midi où l’on n’a aucune envie de regarder l’heure.

How Do You Do Nothing? paraît chez Catskills en 2002. L’album compte onze morceaux pour un peu plus d’une heure de musique.

Le titre de l’album pourrait presque servir de mode d’emploi.

Ici, le temps s’étire. Les morceaux prennent leur place tranquillement. Hardkandy laisse les grooves respirer et donne aux voix assez d’espace pour qu’elles deviennent presque des personnages.

Summer of ’95 garde cette chaleur feutrée. Big Sand conserve ce balancement souple. To Lose ralentit encore le mouvement. Moonlight porte bien son nom, avec une lumière plus douce et une façon de glisser plutôt que d’avancer franchement.

Puis il y a Rhodes to Nowhere.

Treize minutes trente et une pour terminer le disque, comme si personne n’avait vraiment envie de rentrer. Le morceau prolonge l’atmosphère jusqu’à perdre presque la notion du temps. Le titre est parfait : un Rhodes qui ne mène nulle part, et c’est très bien comme ça.

Hardkandy Une autre porte d’entrée dans la chaleur du disque.

Ce qui me plaît dans cet album, c’est sa chaleur.

Il y a de l’électronique, bien sûr, mais elle reste toujours très humaine. Les rythmes ont du grain. Les claviers semblent baignés de soleil. Les voix arrivent puis s’effacent sans casser le mouvement général du disque.

On retrouve parfois l’esprit du trip-hop anglais de cette période, parfois quelque chose de plus soul. Certaines plages pourraient presque appartenir à un disque de jazz-funk joué au ralenti.

Tout tient pourtant ensemble.

Et surtout, How Do You Do Nothing? possède une qualité devenue assez rare : il donne envie de l’écouter du début à la fin.

Pas uniquement pour attendre un morceau précis.

Pour rester dans son climat.

On comprend vite pourquoi le disque dure une heure. Il a besoin de cette longueur pour installer son rythme. Après quelques titres, on commence à oublier où l’on en est.

C’est probablement à ce moment-là qu’il fonctionne le mieux.

Un disque pour ces heures où l’on n’a rien de particulier à faire, et aucune raison de s’en plaindre.

D’une oreille à l’autre

Et toi,
qu’en dis-tu ?

Une impression, un souvenir, un morceau à défendre ? La conversation est ouverte.

La conversation est ouverte…

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