Visuel officiel de Don’t Call It Love de Jonathan Bree, composition nocturne bleue avec une danseuse et deux disques.Jonathan Bree, Don’t Call It Love

Coup de cœur 2026

Jonathan Bree
Don’t Call It Love

Un double album nocturne où désir, mise en scène et distance sentimentale se frôlent sans jamais se confondre.

2026
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Don’t Call It Love

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Désir, distance, mise en scène

Le désir sous
contrôle

Jonathan Bree a toujours aimé les masques, les gestes retenus, les arrangements impeccablement ordonnés et les sentiments qui, eux, le sont beaucoup moins.

Avec Don’t Call It Love, cette tension devient le sujet même du disque.

Sur dix-sept morceaux, Bree explore le désir, les jeux de rôle, la distance, l’attirance et tout ce qu’on préfère parfois ne pas appeler amour. Le résultat est plus ample que ses précédents albums, plus collaboratif aussi, mais toujours immédiatement reconnaissable. Cordes, synthétiseurs, guitares, voix graves et silhouettes nocturnes composent un décor où tout paraît très élégant, presque trop propre pour être vraiment rassurant.

Disappear ouvre le disque comme une entrée dans une pièce déjà plongée dans la pénombre. Chameleon, avec Bambi, accentue le jeu des identités, tandis que Game et Cloak and Dagger installent cette sensation de séduction calculée, presque chorégraphiée.

Puis viennent les collaborations avec Princess Chelsea, notamment Live To Dance et Part-Time Lover. Là, le disque devient plus mobile, presque dansant, mais conserve cette froideur sophistiquée qui empêche la fête d’être totalement légère.

Jonathan Bree Un univers où la séduction reste toujours tenue à distance par la mise en scène.

Le morceau-titre, chanté avec Adah Dylan, résume parfaitement l’ambiguïté du projet. Don’t Call It Love refuse les grands mots tout en tournant constamment autour d’eux. La voix détachée d’Adah Dylan répond au baryton de Bree dans une ambiance qui évoque autant la pop sombre des années 1980 que le cabaret contemporain.

Ailleurs, Savour My Love avec Rachel Clarke ou Slow avec Princess Chelsea laissent davantage entrer la fragilité. Le disque cesse alors d’être seulement élégant : quelque chose craque sous la surface.

Et c’est là qu’il devient le plus intéressant. Car derrière son imagerie provocante, Don’t Call It Love n’est pas vraiment un disque sur le sexe. C’est surtout un disque sur la distance que l’on essaie de maintenir entre le désir et les sentiments.

Jonathan Bree contrôle tout. Sauf peut-être ce qui finit par passer entre les lignes.

On peut changer le nom des choses. Ça ne les empêche pas de nous atteindre.

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