Recréation
Quand la fête
devient intime
Chez David Bowie, Let’s Dance est immense. Guitares brillantes, production de Nile Rodgers, rythme tendu, lumière de club : tout est conçu pour avancer, séduire et remplir l’espace.
M. Ward fait presque l’inverse. Sur Transfiguration of Vincent, en 2003, il ralentit le morceau, enlève les projecteurs et ne garde presque que la guitare acoustique, sa voix râpeuse et beaucoup d’air autour.
Ce qui change surtout, c’est le sens des mots. Chez Bowie, l’invitation à danser paraît évidente. Chez M. Ward, elle ressemble presque à une demande timide, à quelque chose qu’on murmure parce qu’on ne sait pas très bien si l’autre va rester.
C’est là que la reprise devient vraiment recréation : elle retire à Let’s Dance son spectaculaire pour faire apparaître ce qu’il y avait peut-être déjà dessous.
Une chanson d’amour.
Certaines reprises ne changent pas la mélodie. Elles changent simplement la distance entre deux personnes.

La conversation est ouverte…