Sous les radars
La porte des mondes oubliés
Il suffit parfois d’ouvrir une porte pour se retrouver à une autre époque. Avec The Door Into Summer, Ex Reverie nous entraîne dans un univers où la folk des années 70 croise le rock psychédélique, les légendes anciennes et quelques rêves un peu étranges.
Derrière ce projet né à Philadelphie, on trouve Gillian Chadwick, musicienne issue de la scène folk expérimentale américaine. Pour ce premier album paru en 2008 sur le label Language of Stone, elle s’entoure notamment de David Chadwick et de Greg Weeks, membre d’Espers, qui participe également à la production.
Dès Second Son, le décor est planté. Une voix presque fragile, des cordes qui s’enroulent autour de la mélodie, puis des guitares électriques qui viennent brusquement bousculer cette apparente tranquillité. Le disque avance ainsi entre douceur acoustique et élans plus sombres, sans jamais vraiment choisir son camp.
Sur The Crowning, le violoncelle installe une tension persistante tandis que les guitares dessinent des arabesques psychédéliques. Dawn Comes For Us All pousse davantage les amplificateurs et laisse apparaître une parenté avec le rock lourd des années 70. Ailleurs, les arrangements se font plus dépouillés, comme sur The Years ou les deux parties de Cedar, qui semblent appartenir à quelque vieille légende oubliée.
La voix de Gillian Chadwick donne à l’ensemble son caractère particulier. Tantôt douce, tantôt presque incantatoire, elle traverse ces neuf compositions comme une conteuse dont on ne saurait jamais vraiment si les histoires sont anciennes ou inventées sur le moment.
On pense parfois à Espers, à la folk britannique de Pentangle ou aux expérimentations de Comus. Mais Ex Reverie possède sa propre manière de faire cohabiter les instruments acoustiques, les envolées électriques et cette fascination pour un passé qui semble n’avoir jamais tout à fait existé.
The Door Into Summer n’est pas un disque qui cherche à séduire immédiatement. Il faut accepter de s’y perdre un peu, de suivre ses détours et de laisser les chansons installer leur étrange climat.
Une porte entrouverte sur un autre temps. Il suffit d’avoir envie de la pousser.

La conversation est ouverte…