Sous les radars
Une lumière
restée cachée
Il y a des disques qui semblent avoir attendu des décennies qu’on les écoute enfin. Galaxies, publié en 1974, appartient à cette famille-là. Derrière le nom de Laurence Vanay se cache Jacqueline Thibault, compositrice et multi-instrumentiste française dont le travail est resté longtemps connu surtout des collectionneurs.
Le disque est presque entièrement instrumental, mais il n’a rien de froid. Orgue, piano, guitares, basse, flûte et voix sans paroles y flottent dans une sorte de brouillard progressif et psychédélique, quelque part entre chanson expérimentale, folk cosmique et jazz-rock.
Catalepsie ouvre l’album comme une porte vers un autre espace. Le Loup qui pleure révèle une veine plus mélodique et fragile, tandis que Soleil rouge et Le Bateau donnent au disque cette sensation d’avancer sans jamais vraiment toucher terre.
La production reste modeste, presque artisanale, mais c’est justement ce qui lui donne son charme. Rien n’y paraît surchargé. Les idées circulent librement, comme si elles avaient été enregistrées avant que quelqu’un ait le temps de leur dire ce qu’elles devaient devenir.
Longtemps extrêmement rare, Galaxies a fini par être réédité à partir des bandes originales. Ce qui ressemblait à un petit secret de l’underground français a ainsi retrouvé une seconde vie.
C’est exactement pour ce genre de disque que Sous les radars existe.
Certains albums ne reviennent pas du passé. Ils en sortent enfin.

La conversation est ouverte…