Les musiciens de Tarika Blue posent en groupe dans une composition graphique bleue, lumineuse et rétro-futuriste.Tarika Blue, 1977

Sous les radars · 06

Tarika Blue
Tarika Blue

Un jazz-funk souple et lumineux, porté par des grooves élégants et les voix d’Irene Datcher et Dolores Smith.

1977Tarika Blue
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Tarika Blue

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Sous les radars

Les couleurs retrouvées d’un jazz oublié

Certains disques semblent avoir attendu patiemment leur heure, à l’abri des modes et du bruit du monde. Tarika Blue, paru en 1977, appartient à cette catégorie de trésors que l’on découvre presque par hasard et que l’on s’étonne aussitôt de ne pas avoir connus plus tôt.

Fondé à New York par le claviériste Phil Clendeninn, le groupe évolue aux frontières du jazz-funk, de la soul et d’un jazz spirituel particulièrement mélodique. On pense parfois à Lonnie Liston Smith, à Roy Ayers ou aux atmosphères lumineuses de certains disques de jazz fusion des années soixante-dix.

La musique de Tarika Blue possède pourtant sa propre respiration. Les claviers électriques installent des climats enveloppants, les basses dessinent des grooves souples et les guitares de Ryo Kawasaki et James Mason apportent une finesse remarquable. Mais il faut aussi compter avec les voix d’Irene Datcher et de Dolores Smith, dont les interventions donnent à plusieurs compositions une profondeur soul particulièrement séduisante. Leurs timbres chaleureux se glissent entre les instruments, tantôt délicats, tantôt plus expressifs, et contribuent largement à cette atmosphère sensuelle et aérienne qui fait tout le charme du disque.

Truth Is the Key, Love It ou encore Blue Neptune témoignent de cette étonnante capacité à conjuguer sophistication et plaisir immédiat. Ici, les musiciens semblent davantage préoccupés par la beauté des mélodies que par la démonstration de leur virtuosité.

Chaque morceau prend son temps, laissant les instruments dialoguer avec une élégance presque nonchalante. On avance dans ce disque comme dans une lumière douce, sans vraiment sentir le moment où le groove s’installe pour de bon.

Tarika Blue Un jazz-funk souple, cosmique et délicatement soul, longtemps resté dans l’ombre.

L’histoire du groupe sera brève. Deux albums enregistrés dans les années soixante-dix, puis Tarika Blue disparaît sans avoir véritablement trouvé son public. Il faudra attendre les redécouvertes des amateurs de rare grooves et les rééditions pour que cette musique retrouve progressivement sa place.

Une anecdote mérite d’ailleurs d’être racontée : en 2000, Erykah Badu emprunte à Dreamflower quelques mesures pour son magnifique Didn’t Cha Know? Comme si cette vieille mélodie avait simplement attendu vingt-cinq ans pour commencer une nouvelle vie.

Près d’un demi-siècle plus tard, Tarika Blue conserve une fraîcheur étonnante. Un disque chaleureux et délicatement groovy, dont les harmonies semblent parfois suspendre le temps.

De ceux qu’on laisse tourner jusqu’à oublier qu’on avait autre chose à faire.

Un disque qui n’a jamais forcé l’écoute. Il lui suffisait d’attendre les bonnes oreilles.

D’une oreille à l’autre

Et toi,
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Un disque oublié à rallumer ? La conversation est ouverte.

La conversation est ouverte…

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