Dan Auerbach et Patrick Carney dans un décor de marché aux pêches au coucher du soleil, dans une ambiance rustique et chaleureuse.The Black Keys, Peaches!

Coup de cœur 2026

The Black Keys
Peaches!

Un disque de reprises brut et chaleureux, où le duo revient au blues, au garage et au simple plaisir de jouer.

2026
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Peaches!

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Retour aux sources

Retour à la
poussière

Il y a des disques qui donnent l’impression de ne pas chercher plus loin que leur point de départ. Peaches! appartient à cette famille-là.

Avec ce nouvel album de reprises, The Black Keys reviennent vers les chansons qui ont formé leur langage. Blues rugueux, garage rock, soul râpeuse : tout ici semble revenir à l’élan premier, celui de deux musiciens qui branchent les amplis et jouent.

Dès l’ouverture, le disque impose une matière sonore très physique. Les guitares grincent, la batterie cogne sans détour, et la voix de Dan Auerbach semble avancer dans la poussière plutôt que dans le vernis. Rien n’est là pour faire joli. Tout est là pour faire vivre les morceaux.

Peaches! n’est pas pensé comme un exercice de style. C’est plutôt une petite cartographie intime de ce que The Black Keys aiment depuis toujours : Willie Griffin, Arthur “Big Boy” Crudup, Ike Turner, Wilko Johnson, R.L. Burnside et d’autres présences tutélaires qui traversent l’album comme des compagnons de route.

Ce qui frappe surtout, c’est l’absence de démonstration. Le duo ne cherche pas le tube ni l’effet spectaculaire. Les chansons respirent comme une répétition saisie au bon moment, avec cette impression précieuse que la musique se fabrique encore à hauteur d’homme.

The Black Keys Un retour simple et terrien à la matière première du duo : jouer, cogner, faire vibrer.

Dans ce contexte, chaque reprise ressemble moins à une citation qu’à une réappropriation naturelle. Le blues n’est pas ici un décor ou une posture : c’est une façon de revenir au sol, de retrouver un rythme simple, une rugosité, un geste.

On retrouve bien sûr le goût du duo pour les grooves épais et les riffs terreux, mais Peaches! se distingue aussi par sa décontraction. Le disque avance sans forcer, avec une évidence presque joyeuse. On sent les chansons jouées pour le plaisir de les faire tenir debout, sans fard.

Ce n’est sans doute pas l’album le plus spectaculaire de The Black Keys. Mais c’est peut-être l’un des plus naturels. Après des années à élargir leur palette, ils reviennent ici à l’ossature de leur musique : un battement, un riff, une voix, et cette vieille poussière américaine qui continue de coller aux semelles.

On peut passer des années à chercher ailleurs avant de comprendre que le chemin était toujours là.

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