La chanson
Ceux qui
partent
Airport Surroundings commence avec cette légèreté trompeuse dont Loney Dear a le secret. Une pulsation souple, des synthétiseurs qui scintillent, une mélodie presque euphorique : tout semble inviter au mouvement. Mais derrière cette lumière demeure une sensation plus trouble, celle d’un lieu traversé par les départs, les absences et les vies qui prennent soudain une autre direction.
Le titre pourrait laisser imaginer les halls impersonnels d’un terminal. Emil Svanängen pensait pourtant davantage aux abords d’un aéroport, ceux que l’on peut longer à vélo, en regardant les avions emporter ailleurs des inconnus. Cette image suffit à changer la chanson : Airport Surroundings ne parle plus tant du voyage que de ceux qui restent au sol, avec leurs désirs, leurs regrets et leur curiosité pour les vies qui s’éloignent.
Le morceau ouvre Dear John, publié en 2009. Loney Dear y prolonge la délicatesse artisanale de ses premiers disques, mais l’entoure d’une pop plus ample, plus mobile, plus électronique aussi. Les couches de voix, les claviers et les rythmes souples composent un décor mouvant, presque aérien, qui donne au morceau sa grâce singulière.
Et c’est peut-être ce contraste qui le rend si attachant. La musique avance avec une forme de joie, alors qu’au fond elle regarde encore les départs et les absences. Peu de chansons tiennent ainsi ensemble l’élan et la mélancolie avec une telle douceur.
Certaines chansons donnent envie de partir. Celle-ci ressemble plutôt au moment où l’on regarde les autres s’éloigner.
La conversation est ouverte…