La chanson
Au bout
du ciel
At The End of the Sky donne l’impression de flotter avant même d’avoir vraiment commencé. Le morceau avance avec cette élégance un peu distante, presque cotonneuse, qui fait immédiatement penser à l’univers de Jean-Benoît Dunckel, mais avec quelque chose de plus intime, de plus rêveur encore. On y retrouve bien sûr le goût des claviers soyeux, des mélodies suspendues et des textures aériennes, mais la chanson possède aussi sa propre gravité douce.
Tout semble y glisser sans heurt. La voix ne force rien, les arrangements ne cherchent jamais l’effet, et pourtant la chanson installe très vite un climat singulier. At The End of the Sky a quelque chose d’une dérive calme, d’un voyage intérieur qui ne passe pas par le spectaculaire mais par la sensation. Le morceau paraît léger, presque immatériel, tout en gardant un vrai pouvoir d’envoûtement.
C’est sans doute ce qui le rend si attachant. La chanson n’appuie jamais son mystère. Elle préfère le suggérer, laisser de l’air entre les sons, avancer par transparences. Cette retenue lui donne une beauté particulière, comme si tout se jouait dans les nuances.
À sa manière, At The End of the Sky prolonge une certaine idée de la pop française rêveuse, électronique sans dureté, sophistiquée sans froideur. On y entend un goût pour les lignes claires, pour les mélodies qui semblent presque s’effacer au moment même où elles s’impriment dans la mémoire.
Certaines chansons regardent le ciel. Celle-ci semble déjà chanter depuis l’autre côté.
La conversation est ouverte…