La chanson
La douceur en
apesanteur
Bumblebees tient presque sur un fil.
Quelques accords, une voix très proche, un arrangement qui laisse beaucoup d’air, et cette impression que la chanson pourrait disparaître si on respirait trop fort. Kelly De Martino ne cherche jamais à forcer l’émotion. Elle préfère la laisser flotter.
Le morceau appartient à Radar, sorti en 2005, un disque construit sur cette retenue. Bumblebees en est l’un des plus beaux exemples : une folk minimaliste, presque nue, mais jamais froide.
Ce qui frappe surtout, c’est la voix. Fragile sans être faible, intime sans devenir confidentielle. Elle avance doucement, avec quelque chose d’un peu brumeux, comme si la chanson regardait le monde depuis une autre pièce.
Et puis il y a ce titre, Bumblebees, presque léger, presque enfantin, qui contraste joliment avec la mélancolie du morceau.
Certaines chansons ne cherchent pas à rester. Elles passent doucement, et c’est précisément pour ça qu’on s’en souvient.
La conversation est ouverte…