La chanson
La danse
de travers
Come Over, Do Me Wrong avance comme un morceau qui sourit d’un côté tout en montrant les dents de l’autre. Il y a du swing, du désordre, une façon de se tenir de travers qui donne immédiatement envie de suivre le mouvement. Mais derrière l’élan, on sent aussi quelque chose de plus trouble : une fébrilité, une attirance pour le faux pas, le débordement, la chute possible.
Le groupe britannique Opus Kink aime précisément cette zone instable. Avec ses cuivres, ses guitares sèches, son chant à moitié bravache et à moitié fatigué, il brouille les frontières entre post punk, cabaret bancal et fièvre de fanfare. Come Over, Do Me Wrong pousse cette logique très loin : le morceau avance comme une invitation, mais une invitation qu’on accepte sans être tout à fait certain d’en sortir intact.
Paru en mars 2026 et annoncé comme un extrait de The Sweet Goodbye, le titre condense bien ce qui fait le charme du groupe. Rien n’y paraît lisse. Tout semble légèrement de biais, comme si la chanson marchait en boitant avec élégance. C’est précisément cette tension entre le groove et l’accident, entre le désir et une forme d’autodérision, qui lui donne sa personnalité.
Sous son allure théâtrale, Come Over, Do Me Wrong reste aussi une vraie chanson de scène. On imagine facilement le morceau prendre encore plus d’ampleur en concert, porté par l’énergie collective du groupe. Chez Opus Kink, la nervosité n’empêche jamais le plaisir : elle le rend plus vif, plus imprévisible, plus excitant.
Chez Opus Kink, le désordre n’est pas un défaut : c’est une manière de tenir debout.
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