La chanson
Le réveil des
ombres
Every Morning donne d’abord l’impression de surgir d’un demi-sommeil. Le morceau avance sans brusquerie, dans une lumière trouble, avec cette manière très particulière de faire cohabiter la douceur mélodique et une sensation plus étrange, presque irréelle. Rien n’y est spectaculaire, mais tout semble légèrement déplacé, comme si le quotidien se mettait soudain à vaciller.
La chanson appartient à Broken Fantasy, un disque qui porte bien son titre. On y retrouve une pop rêveuse, psychédélique par touches, qui laisse entrer les images, les textures et les petits glissements d’atmosphère. Every Morning résume bien cette esthétique : un morceau qui semble familier dès les premières secondes, mais qui garde toujours quelque chose d’insaisissable.
Ce qui frappe surtout, c’est l’équilibre du morceau. La chanson ne cherche ni l’effet ni l’emphase. Elle préfère installer un climat, avancer par nuances, laisser l’écoute se déployer lentement. Il y a là une forme de délicatesse, mais aussi une petite inquiétude en arrière-plan, comme si chaque matin reconduisait à la fois une promesse et un doute.
C’est peut-être ce mélange qui rend Every Morning si attachante. Une chanson qui semble légère, presque cotonneuse, mais dans laquelle subsiste une part d’ombre.
Certaines chansons accueillent le jour. Celle-ci semble plutôt écouter ce qui reste de la nuit.
La conversation est ouverte…