La chanson
La chimie
du printemps
Hayfever s’ouvre au piano comme une porte poussée avec un peu trop d’empressement. Les guitares, la basse et les cordes entrent presque aussitôt dans la lumière : tout semble limpide, mais la voix de Francis Reader garde cette légère retenue qui empêche la chanson de devenir simplement euphorique.
Le texte repose sur une présentation qui recommence et paraît ne jamais franchir son premier instant. Une rencontre, quelques mots, puis cette conclusion délicieusement désarmante : le reste appartient à la chimie. Le titre transforme ainsi le sentiment amoureux en réaction physique, quelque part entre l’allergie, le vertige et le remède.
L’arrangement tient dans un équilibre remarquable. Le piano donne l’élan, les guitares carillonnent sans s’imposer et les cordes de Nick Ingham élargissent le refrain sans l’alourdir. En trois minutes quinze, le groupe fait de la sophistication une chose parfaitement naturelle.
« Chez les Trashcan Sinatras, le coup de foudre a la précision d’une phrase bien tournée. »
La conversation est ouverte…