La chanson
Une promesse en soul majeure
Il suffit parfois d’une poignée de cuivres, d’un rythme bien installé et d’une voix qui semble avoir traversé plusieurs décennies pour retrouver le plaisir immédiat de la soul. Curtis Harding possède ce talent rare : faire sonner une chanson comme un vieux disque que l’on aimerait avoir découvert depuis longtemps.
Avec I Won’t Let You Down, paru en 2021, le chanteur américain nous entraîne dans une soul généreuse, nourrie des grandes heures de Stax et de Motown. Les cuivres éclatent avec une belle assurance, les chœurs répondent à sa voix légèrement éraillée, tandis que la section rythmique imprime au morceau une pulsation irrésistible. Quelques touches psychédéliques viennent discrètement troubler cette apparente familiarité.
Le propos est d’une simplicité désarmante. Harding promet à une personne chère qu’il sera toujours là pour elle, quelles que soient les difficultés rencontrées. Il y a dans ses paroles quelque chose de la fidélité tranquille des vieilles amitiés, de ces liens auxquels on peut se raccrocher lorsque le monde devient moins accueillant.
Et cette promesse prend une dimension particulière dans le contexte de sa création, au sortir d’une période où l’isolement et l’incertitude avaient bouleversé tant d’existences. La chaleur de la musique semble vouloir répondre à cette fragilité collective.
Curtis Harding ne cherche jamais à dissimuler ses influences. On pense à Curtis Mayfield, à Otis Redding, parfois à cette soul plus aventureuse qui, à la fin des années soixante, commençait à s’ouvrir aux vertiges du rock psychédélique. Mais il possède suffisamment de personnalité pour faire vivre cet héritage au présent.
Quatre minutes de bonheur contagieux, avec cette conviction réconfortante que les plus belles promesses tiennent parfois dans quelques mots.
La conversation est ouverte…