La chanson
Quand les rêves
tournent mal
Mad Man Blues commence presque comme une scène de film. Une femme aperçue au bras d’un autre homme, une rue, un tournant, puis déjà cette sensation que quelque chose échappe au narrateur.
Sorti en 2008 sur Rise & Shine, premier album complet des Rosewood Thieves, le morceau possède tout ce que le groupe sait faire de mieux : un rock très américain, nourri de folk, de blues et d’un goût évident pour les années 1960, mais sans donner l’impression de jouer au musée.
La chanson avance sur une progression simple, presque obsédante. Ce qui compte surtout, c’est le climat. Tout semble légèrement décalé : le ciel devient noir, les vagues ralentissent, les visages se transforment en fantômes, les pas résonnent dans un couloir. Le récit amoureux prend peu à peu la forme d’un mauvais rêve.
Et c’est là que Mad Man Blues devient plus intéressant qu’un simple morceau rétro. Sous ses habits de folk rock patiné se cache une vraie inquiétude. Le narrateur ne sait plus très bien s’il poursuit une femme, un souvenir ou une idée qu’il s’est fabriquée lui-même.
La musique, elle, continue d’avancer avec une décontraction presque trompeuse.
Certains rêves ne réveillent pas. Ils continuent simplement à marcher à côté de nous.
La conversation est ouverte…