La chanson
Une lumière
fragile
Rose avance avec une douceur presque trompeuse. Une pulsation légère, quelques textures électroniques, des guitares discrètes et surtout ce jeu de voix entre Alexandre Sookia et Charlotte Savary qui donne au morceau son équilibre particulier. Rien ne cherche à s’imposer. La chanson préfère laisser les choses apparaître progressivement, comme si la mélodie se construisait dans la lumière.
Publié en 2016 sur l’EP On My Way, le morceau se situe à la frontière entre folk et pop électronique. Sookia conserve quelque chose de très organique dans l’écriture, mais l’habille d’une production plus ample, faite de détails, de respirations et de petites variations qui empêchent la chanson de rester simplement acoustique.
La présence de Charlotte Savary est essentielle. Sa voix ne vient pas seulement accompagner celle de Sookia : elle crée un second point de vue, une distance, parfois presque un dialogue. Rose devient ainsi une chanson moins évidente qu’elle n’en a l’air, à la fois tendre et légèrement inquiète.
C’est sans doute ce qui fait son charme. Elle semble familière dès les premières secondes, mais conserve quelque chose d’insaisissable, comme une image que l’on aurait du mal à fixer complètement.
Certaines chansons cherchent l’éclat. Celle-ci préfère la lumière qui reste après.
La conversation est ouverte…