La chanson
Une soul de clair-obscur
Sunday and Sister Jones prend son temps dès les premières mesures.
La voix de Roberta Flack entre sans effort, avec cette douceur qui n’a jamais besoin de se faire petite. Autour d’elle, le morceau avance sur un groove souple, tenu par la basse de Chuck Rainey et la batterie de Bernard Purdie. Le piano reste au centre, comme un fil discret qui relie tout le reste.
La chanson figure sur Quiet Fire, troisième album studio de Roberta Flack, sorti en 1971. Elle est écrite par Gene McDaniels, tandis que Flack signe elle-même l’arrangement.
Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont elle laisse respirer chaque phrase. Rien n’est pressé. Les instruments entrent avec mesure, puis se retirent juste assez pour laisser la voix reprendre sa place.
Il y a dans ce morceau une chaleur très particulière, quelque chose de feutré qui tient autant au jeu des musiciens qu’au timbre de Flack.
La chanson dure cinq minutes, mais elle semble flotter hors du temps.
Une soul de clair-obscur, ample sans jamais devenir lourde.
La conversation est ouverte…